ISLANDE
Cette terre qui bouillonne aux confins de l' Arctique, fusion de la glace et du feu, est une des Plus jeunes de la planète : cratères béants d'où coule encore la lave, geysers d'eau chaude qui soufflent comme des baleines, paysages lunaires toast en ocre, gris et jaune, que balaient les vents.Nul arbre sur cette terre sans cesse recommencée, seule une forêt d'icebergs en hérisse les abords. Pourtant, surprenant contraste, une vallée accueillante se niche parfois au creux d'un fjord. Des maisons colorées, des cultures maraîchères, l'élevage des moutons constituent dans ces enclaves le décor quotidien d'une nation placide et vivante, farouchement attachée à sa langue ancestrale : pas de mots nouveaux pour les inventions dit monde moderne, mais des expressions imagées comme "sorcier comptable" pour désigner un ordinateur ou "fil pour la parole" pour le téléphone.Les sagas sont la mémoire de ces Vikings d'hier. Islandais aujourdhui. Ces sagas, qu'on raconte ou lit en hiver, de la mi-novembre à la mi -février, lorsque le jour ne dure que trois ou quatre heures, relatent l'histoire de la Terre de glace. C'est ainsi que les conquérants vikings, au IXe siècle, surnommèrent lIslande. Floki Vilgerdarson quitta à cette époque les îles Féroé pour aborder, dans un fjord rempli d'icebergs, cette côte inhospitalière. Il s'empressa de délimiterson territoire en bâtissant une grande demeure collective en tourbe et en pierre, de forme ovale. L'île n'était alors habitée que par quelques moines irlandais ; ils seraient arrivés sur de frêles esquifs d'osier et de peau, sous l'égide de saint Brendan, qui espérait ainsi mettre un océan infranchissable entre les païens du nord et ses ermites.Mais un jour de l'an 875, Ingolfur Arnason, à la tête de trente cinq mille Vikings et d'une flottille de drakkars, vint envahir cet univers neuf et sans histoire. Il l'avait découvert par hasard, après avoir dérivé pendant des jours dans la brume et les vents contraires. Frappé par les fumerolles qui s'échappaient du sol, il baptisa tout naturellement le lieu du nom de Reykjavik, `la baie des fumées".Que dire de la cuisine de ce pays qui n'a pas fini de grandir, sinon qu'elle fut d'abord un composé de traditions venues d'ailleurs ? Plus ascétique que gourmande, destinée à l'origine à la survie, elle a conservé sa frugalité et le Poisson y est roi. Mais les Islandais, astucieux., ont bâti des serres près des sources d'eau chaude : c'est ainsi que, toute l'année, l'on déguste légumes et fruits, et notainnient des fraises, sur cette ile quasi désertique du bout du monde. |
Les recettes |
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