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C'EST DANS LE HAINAUT
QU'A ÉTÉ EXTRAIT LE PREMIER CHARBON DU BASSIN
HOUILLER DU NORD
Les bassins houillers
du Nord de la France ne connaissent pas d'affleurements.
Cependant, dans le Hainaut, une légende locale
affirme que l'emploi du charbon y fut connu à une
époque reculée.
La voici, traduite du
latin : « Cette année 1196 ou 1200 ? une terre
noire très bonne pour servir aux forgerons et pour
faire du feu a été découverte
près de Liège, en différents endroits,
de la manière suivante : un vieillard,
vénérable par son front chauve et par sa
barbe, revêtu d'un habit blanc, a passé,
dit-on, par le village de Cocke ; il a dit à cet
artisan qui se plaignait de trop dépenser pour le
charbon de bois et de faire ainsi peu de
bénéfice
" Mon ami, va au mont
voisin des moines, tu trouveras ouvertes des veines noires
de terre ; cette terre est très utile pour ton usage
".
La découverte du
charbon dans le Nord a nécessité de nombreux
sondages et la mise en jeu d'énormes
capitaux.
La première
société d'exploitation, celle d'Anzin, a
été fondée en 1734. Son succès
suscita de nombreuses recherches dans le Hainaut, dans les
Flandres et en Artois. Les États d'Artois suivaient
ces recherches avec beaucoup d'intérêt. Le bois
était rare et de plus en plus cher. Des
récompenses étaient promises à ceux "
qui auraient mis durant les cinq ans une mine de charbon en
exploitation dans la province ". Malheureusement, des
nombreux sondages entrepris, aucun ne révéla
le charbon. A travers plusieurs essais infructueux, rien de
sérieux ne sera tenté jusqu'en 1834.En cette
année, il se manifeste un engouement
général pour les entreprises industrielles et
plus particulièrement pour les mines de houille. De
nouveau, le sol du département est fouillé en
tous sens, mais toujours sans succès. En 1840, les
chercheurs, découragés, abandonnent la partie.
On est pourtant bien près d'aboutir. En 1841, on
creuse un puits artésien à Oignies ; pas d'eau
jaillissante, mais on apprend, vers 1846, que la sonde a
rencontré le charbon à la profondeur de 170
mètres. L'année suivante, un administrateur
des Mines de Vicoigne constate, lui aussi, la
présence du charbon à l'Escarpelle et peut
déterminer que la formation carbonifère
dévie de 30 à 40 degrés vers le Nord,
cause initiale de tant d'insuccès.
Sitôt connues,
ces découvertes provoquent de nouvelles recherches.
En 1850, le terrain houiller est reconnu de Douai à
Lens sur un espace de quinze kilomètres en longueur
et huit en largeur. Le Bassin du Pas-de-Calais sera
bientôt partagé jusque Fléchinelle entre
les diverses sociétés
concessionnaires.
LES DÉBUTS D'UNE INDUSTRIE QUI DEVAIT FAIRE DE LENS LA CAPITALE DU CHARBON
A LENS : En juillet 1849, un premier sondage était ouvert à Annay-sousLens. Par suite d'accident, il dut être abandonné. Dans le même temps, la Société de Vicoigne, qui sollicitait la concession de Noeux, établissait un sondage à Loos-en-Gohelle. Lens s'empressa d'en effectuer un à Vendin ; les deux atteignirent le charbon. Mais un peu partout, et malgré l'expérience acquise, les débuts furent difficiles. II fallut lutter avec les difficultés de terrain, avec l'eau, et les moyens mécaniques étaient peu puissants.
II n'y a pas si longtemps, les vieux mineurs parlaient encore du manège à chevaux ou à bras pour actionner le " tonneau "; des descentes et remontes en file indienne par les échelles ; des feux allumés dans les puits abandonnés pour servir d'appel d'air et d'autres difficultés depuis longtemps disparues. A cela, les ouvriers des villages devaient ajouter une longue route à faire à pied pour se rendre à la fosse.
Mais, dès 1856, la fosse Sainte-Elisabeth, ouverte en 1852, occupe 513 ouvriers et donne 62.210 tonnes de produits. La fosse du Grand-Condé, ouverte en 1857, entre en exploitation en 1859. En 1858, une troisième fosse avait été ouverte et, en 1860, la production des trois puits dépassent 100.000 tonnes. Un quatrième puits, ouvert en 1862, entre en extraction en 1864, et, deux ans après, les quatre fosses donnent 348.631 tonnes avec 1.583 ouvriers...
(Extrait de «
Lens, son passé, ses houillères », de M.
A. Bucquet Imp. Cle de l'Artois.)
CONCENTRATION = MODERNISATION " années 70"
Jusqu'à la dernière guerre, la mine avait certes évolué, mais les changements dans la technique s'étaient effectués lentement, apportant régulièrement, sans à-coups, leur lot d'avantages et d'améliorations dans la vie du mineur. Mais, à partir de 1945, l'évolution s'est accentuée de façon extrêmement rapide. L'augmentation du nombre d'engins modernes a été rendue possible par l'introduction de l'électricité , et le métier s'est transformé. 'Le mineur est de moins en moins un manuvre qui abat le charbon il devient un technicien spécialiste des machines d'abattage, de creusement, ou même un électromécanicien.
Par la même occasion, le nombre des puits d'extraction a considérablement diminué, sans diminution notable de production. Tel est le résultat d'un programme de concentration commencé en 1948 et qui est pratiquement achevé en 1971. Autrefois, le Siège de type courant était capable d'extraire de 500 à 1.500 tonnes nettes par jour. Les Sièges modernes ont une capacité de plus de 7.000 tonnes nettes de charbon par jour.
Parallèlement est effectuée une concentration des installations de préparation mécanique des charbons (lavoirs) et une concentration des cokeries, centrales et usines chimiques. Au fond, le nombre de tailles diminue tandis qu'augmentent leur longueur et la rapidité de leur avancement ; ceci grâce à une mécanisation aussi développée que le permet l'irrégularité du gisement. La concentration des chantiers a permis une réduction des effectifs ouvriers, compensée par une hausse importante du rendement.
Fin 1990, le dernier charbon remontait du 10 d’Oignies mettant fin à 270 ans d’histoire minière.
Les grandes dates de l’histoire ne sont pas toujours, hélas, marquées d’événements heureux. Dans la mémoire des mineurs du Nord-Pas-de-Calais, ce 21 décembre 1990 inspirera à jamais un sentiment de tristesse et de nostalgie. Ce jour-là, en effet, les dernières gaillettes étaient extraites du bassin. La grande aventure commencée 270 ans plus tôt prenait fin. Les mines du nord de la France, qui, à la Libération, allaient être regroupées dans une entité unique, les Houillères du Nord-Pas-de-Calais, avaient été en tête des évolutions techniques et de la production. Les mineurs de la région avaient été aussi à l’avant-garde des luttes sociales. Ce bassin immense, étendu sur une centaine de kilomètres de Valenciennes à Béthune, était le plus riche de France, fournissant, un siècle durant, et jusqu’aux années 1950, les deux tiers de la production française. Pour le profane, penser au charbon c’était aussitôt évoquer le Nord, le plat pays où les terrils remplaçaient les montagnes, où l’alignement monotone des corons était le symbole de la révolution industrielle.
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