GERANIUM

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L'utilisation des géraniums va de la rocaille à la prairie en passant par les couvre-sol..

Les vrais géraniums (ou géraniums des jardins), qu'il ne faut pas confondre avec les pélargoniums (géraniums des fleuristes), commencent tout juste à être diffusés. Répertoriés depuis des siècles, ils sont à la mode en France depuis une dizaine d'années. Plusieurs espèces ont été introduites en culture depuis peu. Leur nom vient du grec geranos, grue. Le fruit porté par leur tigelle évoque en effet une tête de grue et son cou. Ils sont vivaces et rustiques, à quelques exceptions près. Les géraniums des jardins offrent une vaste gamme de coloris et de tailles. On y compte un grand choix de bleus, qui font défaut chez leurs cousins gélifs. La répartition géographique des cent soixante espèces s'étend sur toutes les régions tempérées du globe. Leur taille varie de quelques centimètres à 60 cm de hauteur. Selon cette taille et leur milieu d'origine, les géraniums trouvent différentes utilisations au jardin.



LES GRANDS FRÈRES POUR LA PLATE-BANDE

Certains géraniums se développent en hauteur. Parmi eux figure G. Phaeum. Cette plante indigène des prairies est une curiosité. Ses fleurs de petite taille s'élèvent à 50 cm de haut. Leur couleur, proche du noir, fait tout leur attrait. L'utiliser pour des contrastes avec du blanc, du rose et de l'argent. Composer un ensembleavec des armoises (argent), des lavatères, des pivoines ou des oeillets (roses) et G. Phaeum. Il s'épanouit en mai juin et remonte souvent.
Le vaste complexe de G. pratense est plus brillant. Le modèle du genre, élevé (il atteint 1 m, de hauteur), s'épanouit en juin juillet et remonte parfois. Les tiges florales, entourées de grandes feuilles soyeuses, se couvrent de fleurs bleues. Il pousse avec autant de facilité en terre calcaire qu'en terre acide, en sol léger qu'en sol lourd.
Cette souplesse explique sa popularité. Les cultivars sont nombreux. Retenir' Mrs. Kendall Clarke ', blanc strié de violet; Plenum Album ', double, blanc; Plenum Coeruleum ', double, bleu; l'hybride ' Johnson Blue ', à grandes fleurs bleu vif.
De plus en plus répandu en raison de sa longue floraison, G. psilostemon (ou G. armenum) est le plus coloré. Il est haut de 50 à 60 cm. Il présente des fleurs magenta vif à coeur noir au-dessus d'un brillant feuillage. Plus courte (40-50 cm), mais compacte et florifère, la forme ' Bressingham Flair ' est une amélioration notable. La couleur forte de cette plante la désigne pour les climats ensoleillés. La neutraliser à l'aide de fleurs et de feuillages blanc et argent. Tous deux s'épanouissent de juin aux gelées. Leur feuillage prend de belles teintes en automne. Leur adjoindre des plantes robustes ou des buissons bas. Ils évitent à leurs tiges de se coucher.

DES COUSSINS DE FLEURS

La rocaille accueille les espèces montagnardes de nature. Dotées d'un faible développement, elles forment des rosettes serrées de feuilles. Les floraisons, disposées en pelotes, les font doubler de volume. Quelques espèces forment un tapis de tiges couvertes de fleurs à partir d'une souche pivotante.
Le plus répandu de ces géraniums est l'espèce G. cinereum. Sur un feuillage gris-vert découpé, les fleurs apparaissent entre juin et août. Leur coloris varie du blanc pur à toute une gamme de rose veiné. Une sélection populaire est ` Ballerina '. Rose vif, il est veiné de noir sur un feuillage argenté. Sa floraison se poursuit jusqu'en automne. Une sous-espèce, G. subcaulescens, possède des fleurs proches du magenta. Le mélange de ces différentes couleurs entre elles produit un ravissant camaïeu. Tous atteignent 10-15 cm de haut pour 20 cm de diamètre.
Bien différent, G. dalmaticum produit un feuillage vert, lisse et brillant. Il atteint 15 cm de haut au plus, mais offre un grand étalement. L'utiliser comme couvre-sol de rocaille. Rhizomes et feuillage sont parfumés. Ils dégagent leur odeur au moindre frottement. Les fleurs rose clair, inclinées, apparaissent en grand nombre en juin juillet. G. dalma- ticum est recommandé aux amateurs de rocaille débutants pour sa facilité de culture. Le mettreen concurrence avec des plantes robustes qui supportent la compétition. Eviter de le contre-planter de bulbes, qui l'étouffent. Les campanules des murailles font un bon compagnon.
G. renardii présente des feuilles étranges, quasi persistantes, à lasurface gaufrée. Grandes, peu découpées, elles sont argentées. Elles mettent en relief les grandes fleurs divisées, blanc rosé veiné de rose vif, en juin. Leur couleur et leur aspectrappellent la guimauve de nos marais. Cette floraison est courte. C'est plutôt pour son beau feuillage que l'on cultive cette espèce. Elle produit peu de rejets, mais se ressème volontiers. Les oeillets de rocaille roses, les campanules des Carpates, les thyms d'ornement s'y associent bien.
L'un des joyaux du genre est G. wallichianum. De sa racine pivotante émergent de longues tiges. Elles forment un fin réseau couvert de feuilles cunéiformes, dentelées et soyeuses. Sa longue floraison a lieu de juillet à octobre. Les fleurs vont d'un rose pourpré à divers bleus, avec un coeur plus clair
La seule forme commercialisée est aussi la plus belle. Répondant au nom de ' Buxton's Blue ', elle offre de grandes fleurs rondes, bleu pervenche à gros oeil blanc. Les tiges s'allongent au point de couvrir une surface de 0,5 m2, mais restent plaquées au sol. Les fleurs en sont bien dégagées, 10 cm au-dessus. Cette disposition permet d'installer d'autres plantes au milieu des tiges (sous-arbrisseaux, bulbes). Elles en garnissent la base. En hiver, tout disparaît. Marquer la souche à l'aide d'une étiquette. On évite ainsi de la détruire d'un geste malheureux.

DES TAPIS DE FLEURS

Nombre de géraniums à la végétation basse et à la robuste constitution fournissent d'excellents couvre-sols. Le champion en la matière est G. macrorrhizum. Persistant et aromatique, il possède un feuillage duveteux. Les fleurs, rose magenta ou blanches, apparaissent par vagues en mai-juin, puis en fin d'été. D'une robustesse rare, ce géranium parvient à coloniser des sols maigres. Il peut garnir le pied de haies de troènes, réputés pour ne rien laisser pousser. Par ses rhizomes et par semis, il garnit de vastes surfaces : cinq pieds pour 1 m' en trois ans, pour 5 m' en six ans. Peu élevé (30 cm), il sait rester discret. Éviter de l'associer car il prend toute la place.

La végétation de G. endressii est toute différente. Il forme des rhizomes abondants, mais s'étendant peu. Les tiges annuelles courent sur 50 ou 60 cm en tout sens. Le feuillage large, vert vif, est dominé par une abondance de fleurs roses. Le tout atteint de 40 à 50 cm de haut. Moins étouffant que le précédent, il peut entrer dans de grandes plate-bandes. Le mieux est de l'utiliser sous les arbustes. Les pérovskias, les caryoptéris, les céanothes sont de bons associés. Le marier aussi aux rosiers à forte végétation. En hiver, la souche des géraniums, réduite à presque rien, permet les façons culturales autour des rosiers.

Peu connu pour l'instant, mais promis à un bel avenir, G. procur rens convient aux talus. Tapissant (15 cm de haut), il s'étend avec vigueur dans toutes les directions. Ses tiges s'enracinent enfeuillage demi-persistant, découpé, léger, apparaît sur des tiges très fines. Les fleurs, grandes, brillantes, naissent de juin à août. Leur coloris ordinaire est rose magenta. I1 en existe des blanches et des rose églantine à stries foncées. Amateur de calcaire et de terres fortes, il apprécie l'ombre légère. C'est une plante de sous-bois. Elle forme d'élégants coussins de 30 cm de haut et de 1 m de diamètre. L'associer à des pois vivaces.

UNE CULTURE SIMPLE

Les géraniums sont faciles à cultiver. Les espèces pour la rocaille demandent une exposition ensoleillée. Elles aiment un sol frais en profondeur. En revanche, elles redoutent l'humidité au collet. Noyer celui-ci dans le gravier.
Multiplier les formes horticoles par boutures de rhizomes. Les espèces sauvages se ressèment sur place. Prélever les jeunes plants au printemps, quand ils ont quelques feuilles.

DES COUVRE-SOLS RUSTIQUES

Les couvre-sols sont robustes. Ils demandent au plus une terre de jardin moyenne. Éviter les expositions brûlantes. G. procurrens demande un sol bien drainé. La division est le meilleur mode de propagation. Une terre profonde convient aux espèces de plate-bandes. Les multiplier par éclatage de touffes, en mars, ou par semis. Dans ce cas, récolter chaque jour à la main les graines à peine mûres. Sinon, une fois sèches, elles sautent à une grande distance de la plante et sont perdues. Les formes horticoles se reproduisent bien. Les hybrides sont fréquents et apportent de bonnes surprises. Les maladies sont rares.

A tort, on désigne sous le nom de géraniums les pélargoniums de nos balcons. Rendons aux vrais géraniums, avec leur identité, leur rusticité.

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